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Amiante : quels dangers et où est-il encore exploité dans le monde ?

8 oct.
5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

Sommaire


L’amiante représente un danger sanitaire important en raison des maladies graves que peut provoquer l’exposition à ses fibres. Alors que son utilisation est interdite dans de nombreux pays, son exploitation n’a pourtant pas totalement disparu.

Certaines régions continuent encore aujourd’hui d’extraire principalement du chrysotile, une forme d’amiante historiquement utilisée dans de nombreux matériaux de construction.

La situation varie toutefois selon les pays. La Russie et le Brésil figurent encore parmi les principaux producteurs mondiaux d’amiante, tandis que l’Inde a cessé l’exploitation minière mais reste un important pays importateur et utilisateur de chrysotile.


Quels sont les dangers de l’amiante ?


L’amiante désigne une famille de fibres minérales naturelles. Parmi ses différentes formes, le chrysotile est aujourd’hui la seule forme encore exploitée commercialement à l’échelle mondiale.


L’utilisation de l’amiante s’est notamment développée dans les matériaux de construction en raison de ses propriétés physiques : résistance à la chaleur, aux produits chimiques et à l’usure.


Mais ces propriétés ne doivent pas faire oublier les dangers de l’amiante pour la santé. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, toutes les formes d’amiante sont cancérogènes pour l’être humain.


L’exposition aux fibres d’amiante peut notamment provoquer des cancers et des maladies respiratoires graves, parfois plusieurs décennies après l’exposition.


💡L’absence d’interdiction dans certains pays ne signifie pas que l’amiante est sans danger.


Amiante : quels dangers et où est-il encore exploité dans le monde ?

Pourquoi l’amiante reste-t-elle présente dans certains pays ?


Plusieurs facteurs peuvent expliquer la persistance de l’amiante dans certains marchés :

  • son faible coût historique ;

  • ses propriétés techniques ;

  • l’existence d’industries déjà organisées autour de ces matériaux ;

  • la demande persistante dans certains secteurs de la construction ;

  • des réglementations nationales différentes selon les pays.


À l’échelle mondiale, la consommation d’amiante a toutefois fortement diminué. L’USGS estime qu’environ 960 000 tonnes d’amiante non transformé ont été produites en 2025, contre environ 2 millions de tonnes en 2000.


La production mondiale a donc fortement reculé, sans pour autant disparaître.


Où l’amiante est-elle encore exploitée dans le monde ?


La production mondiale d’amiante est aujourd’hui principalement concentrée dans quelques pays. La Russie et le Brésil restent notamment des producteurs importants de chrysotile.


Russie : premier producteur mondial d’amiante


La Russie reste aujourd’hui l’un des principaux producteurs mondiaux d’amiante.


D’après les données de l’U.S. Geological Survey (USGS), la Russie a produit environ 620 600 tonnes d’amiante en 2024 et sa production est estimée à environ 310 000 tonnes en 2025.


En 2024, elle représentait environ 32 % de la production mondiale d’amiante selon l’USGS.


La production russe concerne principalement le chrysotile, qui continue d’être utilisé dans différents produits industriels et matériaux de construction.


Cette situation illustre le contraste entre la diminution mondiale de l’utilisation de l’amiante et la persistance d’une production importante dans certains pays.


Brésil : une exploitation toujours au cœur des débats


Le Brésil fait également partie des pays producteurs d’amiante. Selon l’USGS, le pays a produit environ 166 890 tonnes en 2024, et sa production pour 2025 est estimée à 150 000 tonnes.


La situation brésilienne est cependant particulière. L’exploitation et l’utilisation de l’amiante ont fait l’objet de nombreuses décisions judiciaires et de débats réglementaires.


La mine de Cana Brava, située dans l’État de Goiás, est notamment au centre de cette controverse. Alors que la Cour suprême brésilienne a déclaré l’exploitation commerciale de l’amiante inconstitutionnelle en 2017, une réglementation spécifique de l’État de Goiás a permis la poursuite de l’exploitation destinée à l’exportation.


La situation juridique de cette exploitation reste donc un sujet régulièrement débattu au Brésil.


Canada : une ancienne puissance de l’amiante


Le Canada a longtemps été un important producteur de chrysotile, notamment au Québec.


Les dernières mines d’amiante du pays ont toutefois cessé leur activité au début des années 2010 : celle de Thetford Mines en 2011 et celle de Val-des-Sources en 2012.


Aujourd’hui, le Canada n’exploite donc plus de mines d’amiante.


Le pays a également adopté en 2018 un règlement interdisant notamment l’importation, la vente et l’utilisation de l’amiante et de produits contenant de l’amiante, avec certaines exclusions limitées.


Cette évolution illustre le passage d’un pays historiquement producteur à une politique visant à limiter l’exposition à l’amiante.


Inde : plus de mines, mais toujours de l’amiante importé


Le cas de l’Inde mérite d’être distingué de celui de la Russie et du Brésil.


Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’Inde n’exploite actuellement plus de mines d’amiante. L’Indian Bureau of Mines indique qu’aucune production d’amiante n’a été déclarée en 2023-2024 et qu’aucune mine n’était en activité durant cette période.


Pour autant, le pays reste fortement concerné par l’amiante.


L’Inde continue en effet d’importer du chrysotile, notamment pour son utilisation dans certains matériaux. Des données citées dans des travaux récents indiquent que la Russie et le Brésil font partie des principales sources d’approvisionnement du pays.


Cette situation montre qu’il faut distinguer production, importation et utilisation de l’amiante lorsqu’on étudie sa présence dans le monde.


Amiante : quelle situation selon les pays ?

Pays

Situation de l'exploitation

Production récente

Particularité

Russie

Exploitation active

~ 620 600 t en 2024

Premier producteur mondial

Brésil

Exploitation maintenue dans certaines conditions

~ 166 890 t en 2024

Situation juridique particulière

Inde

Pas de mines en activité

~ 0 t déclarée en 2023 et 2024

Importation et utilisation de chrysotile


Le danger de l’amiante ne disparaît pas avec la fermeture des mines


La fin de l’exploitation minière ne signifie pas la disparition immédiate du danger lié à l’amiante. 


De nombreux bâtiments construits avant les interdictions peuvent encore contenir des matériaux amiantés. Lors de travaux de rénovation, de réhabilitation, de maintenance ou de démolition, des fibres peuvent être libérées si les matériaux sont dégradés ou manipulés.


C’est pourquoi la question de l’amiante reste particulièrement importante dans le secteur du bâtiment.


L’Organisation mondiale de la Santé estime l’exposition professionnelle à l’amiante reste responsable de plus de 200 000 décès chaque année dans le monde.


💡L’exploitation de l’amiante a fortement diminué dans le monde, mais elle n’a pas totalement disparu.


La Russie et le Brésil restent des producteurs importants, tandis que l’Inde, qui n’exploite plus de mines, continue d’être concernée par l’importation et l’utilisation de chrysotile.


Même lorsque les mines ferment, l’amiante reste présente dans de nombreux bâtiments et matériaux existants. La prévention et l’identification des matériaux restent donc essentielles avant certains travaux.


Comment savoir si un matériau contient de l’amiante ?


Face à un matériau dont la composition est inconnue, l’identification ne doit pas reposer uniquement sur son aspect ou son année de construction.


Un doute sur la présence d’amiante ? Une analyse réalisée par un laboratoire compétent permet d’obtenir une réponse fiable avant d’engager certains travaux.


Chez Hop’Lab, l’analyse des matériaux permet d’accompagner les professionnels dans l’identification de la présence éventuelle d’amiante.



Sources

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